mercredi 20 janvier 2010

mes doigts glissent sur l'ivoire


La faible, très faible corne qui se forme sur mon index, majeur et annuaire droit me plait, car elle me rappelle à moi, et à moi seule, les rudes cordes et le son qu'elles créent.  C'est si subtil que personne ne l'a jamais remarqué et ça me donne l'impression de secret, d'intimité que créerait sûrement une trace de morsure sur ma hanche. 
Je dois avouer que, souvent, seule, je ferme les yeux et laisse mes doigts s'aventurer sur les cordes.
Pourtant, cet autre instrument ne laisse aucune trace semi-permanente sur mes mains, de quelque manière que ce soit.
J'appuie, parfois très fort, très brusquement, parfois tendrement et si faiblement que personne d'autre que moi ne pourrait en saisir le bruit, la musique.

Je dois avouer que lorsque mes yeux sont clos et que je joue sans faire d'erreurs, des frissons parcourent mes bras et mon dos.


Alors mes doigts glissent sur l'ivoire sans mon contrôle, sans assistance cérébrale, les nerfs tactils de mes empreintes digitales s'en réjouissent, tout comme mon être entier, comme en témoignent les frissons.

Aucun commentaire: