Je dois avouer que, souvent, seule, je ferme les yeux et laisse mes doigts s'aventurer sur les cordes.
Pourtant, cet autre instrument ne laisse aucune trace semi-permanente sur mes mains, de quelque manière que ce soit.
J'appuie, parfois très fort, très brusquement, parfois tendrement et si faiblement que personne d'autre que moi ne pourrait en saisir le bruit, la musique.
Alors mes doigts glissent sur l'ivoire sans mon contrôle, sans assistance cérébrale, les nerfs tactils de mes empreintes digitales s'en réjouissent, tout comme mon être entier, comme en témoignent les frissons.


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